Vendredi 17 novembre 2006
Etre malgache en France … S’intégrer mais ne pas oublier d’où l’on vient …
Septembre 1997, ma mère m’emmène en France, à Grenoble … J’étais promise à de brillantes études, une classe préparatoire, les concours pour entrer en Ecole de commerce, L’Ecole de commerce pour terminer par un boulot qui ferait la fierté de mes parents. Ces derniers me mettaient d’ailleurs la pression : « il faut bien travailler car cela nous coûte cher de t’envoyer ici etc. » Je n’étais donc pas là pour m’amuser mais bien pour étudier et rentabiliser les sous mis de côté par mes parents !
Après m’avoir confié à une amie de la famille, aidé à faire mon installation, ma mère s’en va … Je me demande si je vais me plaire dans ce pays, où il a l’air de faire très froid, où les gens semblaient moins souriants qu’à Madagascar … J’ai rencontré très peu de malgaches à Grenoble, mais j’ai été bien accueillie par ma classe prépa, qui m’a baptisée Marizou à cause du prof de maths qui n’a jamais réussi à prononcer mon prénom. A chaque fois qu’on me demandait d’où je venais (j’ai plutôt les yeux bridés …), j’étais toujours très fière de répondre de Madagascar … Je me sentais plutôt bien intégrée, je n’ai jamais eu de problèmes de racisme mais parfois Madagascar me manquait … J’écoutais alors le CD de Mahaleo, celui d’Erick Manana ou encore celui de Rossy, offert par ma marraine avant de partir, cela me donnait envie de pleurer et en même temps me réchauffait le cœur.
J’étais quasiment absente des événements de la diaspora, je ne suis pas allée ni aux RNS, ni aux soirées Tera, ni à tous les trucs où il fallait absolument être vu !!!! Je pense que cet anonymat en France me plaisait énormément. Le côté « tout le monde sait ce que tu fais » bien de Tana, ne me manquait pas du tout. Persuadée que j’allais de toute façon rentrer à Madagascar tôt ou tard, je me suis toujours dit qu’il fallait profiter de mon exil en France pour découvrir le France et les français. On m’a parfois reprochée cette attitude, on me disait que je reniais le fait que j’étais malgache parce que j’avais beaucoup d’amis français, parce que je ne venais pas aux manifs gasy, parce que j’ai accepté qu’on m’appelle Mia et non plus Miarisoa [mes amis très proches m’appellent d’ailleurs Miarisoa, mais c’est vrai que c’est quand même plus facile d’obtenir un entretien d’embauche quand c’est écrit Mia :p]… Cela m’a beaucoup blessé car j’ai toujours porté Madagascar en moi, j’ai toujours voulu que ceux qui ne connaissent pas Madagascar et que j’appréciais découvre mon pays, j’ai toujours su qu’être en France était une étape dans ma vie …
Aujourd’hui, je suis rentrée et je ne suis pas rentrée seule ! Mon chéri m’a suivie ! Il a quitté boulot, parents et amis pour venir découvrir la vie à Madagascar ! 1000, 1000 mercis à toi ! J’appréhendais beaucoup les qu’en dira-t-on au début ! les couples mixtes sont toujours jugés durement mais en fait peu m’importe maintenant … On est heureux ensemble, on va avoir un bébé, la boite qu’on a créée a un an … La vie à Tana n’est pas toujours facile, mais ce qui me plait le plus ici, c’est qu’on se sent exister, on a l’impression que nos actions en plus de sens et qu’on sert finalement à quelque chose ! Je retrouve malgré tous mes efforts pour vivre discrètement, le côté « tout le monde sait ce que tu fais » même après un long exil, parfois je croise une vieille connaissance dont je n’avais plus les coordonnées. Elle me dit « On m’a dit que t’étais rentrée … » Tiens donc, on …
A tous ceux qui sont à l’étranger, profitez de cet exil pour découvrir une autre vision du monde, car cela nous enrichit toujours. Mais n’oubliez pas d’où vous venez ! Il y a tellement de choses à faire à Madagascar, tellement de choses à apporter que vous soyez ici où là bas …
Malgachoscopie 2006 Tour
La Malgachoscopie by Tattum [deux scopîes de la diaspora]
La Malgachoscopie de Lilia[Malgache et Universelle]
ny Malagasy Kopy ny Hjk [Celui qui est reparti]
La Malagachoscopie de Lova [On ne quitte pas son pays, sa famille, et son cocon avec gaité de coeur.]
La Malgachoscopie de Vola[Celle qui n'aimait pas les soirées gasy]
Fantaro izay Fiaviako by Tomavana- Suisse [inona sisa no mbola Malagasy amiko]
De vous à moi